25 décembre 1990. Chicago Stadium, Chicago.

Ce match de Noël est un véritable cadeau pour tous les passionnés et fans de ce sport. Les Bulls reçoivent dans leur antre les Pistons. L’opposition entre un collectif solide qui a déjà gagné deux titres consécutifs et une star au talent hors-norme, Michael Jordan, promet un affrontement magnifique.

pistons bulls

Dans les années 80 et 90 à Chicago (et dans le reste du monde), quand vous parliez de basket-ball, un seul nom revenait sur toutes les lèvres, Michael Jordan. En ce jour de Noël 1990, le numéro 23 est au sommet de son art et jouit d’une notoriété jamais vue pour un basketteur à l’échelle mondiale.

Malgré cela, son équipe des Bulls n’arrive toujours pas à remporter le titre de champion. Pire, ils sont chaque année en difficulté face à la même équipe, les Pistons de Detroit. Les Bad Boys semblent représenter à cette époque un obstacle infranchissable pour Chicago.

Detroit a la réputation d’avoir limité « His Airness ». Ils ont appelé leur méthode « The Jordan Rules ». La technique se base sur des rotations défensives rapides. Vous ajoutez à cela le jeu rugueux des Bad Boys et vous obtenez des coups bas, de l’intensité physique et des bagarres impliquant plusieurs joueurs.
Pour connaître l’origine de cette méthode, il faut se rappeler du 23 avril 1988. Michael Jordan marque 59 points et permet à Chicago de disposer des Pistons. Cette prestation à Detroit est vécue par Chuck Daly, le coach des « Bad boys », comme une véritable humiliation. C’est à cette époque qu’il élabore les fameuses « Jordan rules ». Cette stratégie défensive vise à limiter le rayonnement du boulimique attaquant chicagoan.
Résumons cela en deux points essentiel. Tout d’abord, il ne faut jamais laisser la star des Bulls démarrer son premier dribble. Ensuite, il faut préparer un joli comité d’accueil au cas où il lâcherait son défenseur. Le cas échéant, Michael Jordan trouve sur le chemin du panier trois têtes brûlées, Dennis Rodman, Bill Laimbeer et Rick Mahorn, prêtes à tout pour faire rempart. Tous les coups sont permis. Y compris, évidemment, les mauvais.

Pistons - Bulls, Jordan, Rodman, ThomasLors des playoffs 1988, 1989 et 1990, les Bulls sont confrontés à ces règles anti-Jordan. Detroit impose sa suprématie. Cela fait trois années consécutives que Motown élimine les taureaux de l’Illinois.

Sa majesté ne peut compter sur ses jeunes coéquipiers. Les plus talentueux d’entre eux sont Scottie Pippen, 5e choix de la draft 1987, échangé contre Olden Polynice, et Horace Grant, 10e choix de draft. Tous les deux attrapent des migraines à la seule vue des maillots bleus du Michigan. Ces éliminations à répétitions sont mal vécues par l’ensemble de la franchise et en particulier par Michael Jordan.

Sam Smith, journaliste pour le Chicago Tribune écrira un livre intitulé « The Jordan Rules ». Le titre est évidemment emprunté et fait référence au système défensif des Pistons. L’ouvrage raconte la saison 1990-1991 des Bulls et surtout le personnage Michael Jordan. Il dresse un portrait de His Airness pour le moins peu flatteur. Il est décrit comme quelqu’un de calculateur, moqueur, individualiste et impossible à coacher. Michael Jordan, bien qu’adulé par l’ensemble de la planète basket, est dépeint comme un fardeau quotidien pour ses coéquipiers et tout le staff technique.

John Salley, membre des Pistons, aura cette phrase qui résume un sentiment de plus en plus partagé à l’époque : « Il n’y a pas un joueur qui donne le ton dans cette équipe [des Pistons]. […] Si un de nos gars faisait tout, nous ne serions pas une équipe. Nous serions les Chicago Bulls. »

Cette dépendance des Bulls est critiquée et mis en avant lors des éliminations successives face aux Bad Boys. En ce jour de noël 1991, une grande partie des spécialistes de basket américain pensent que les Bulls ne pourront pas gagner tant que leur jeu sera centré autour de leur star.

Face aux critiques, la franchise de l’Illinois décide d’engager en 1989 Phil Jackson alors assistant de Doug Collins aux Bulls. Il s’entoure d’assistants expérimentés. L’un d’entre eux est réputé pour avoir inventé l’attaque en triangle, Tex Winter. Ce système est mis en place pour tenter d’enrayer « The Jordan Rules ». L’idée est de voir le pivot, l’ailier et le meneur de jeu former un triangle. Le premier est au poste bas, le second reste dans l’aile et le dernier est dans le corner. Le poste 2 se place au-delà de la tête de raquette et l’ailier fort est sur ​​le côté faible du poste haut formant ainsi ensemble la possibilité d’un jeu à deux. Chaque joueur sur le terrain doit remplir ces cinq postes. Cela crée un bon espacement et permet à chacun d’avoir quatre possibilités de passes. Le déroulement de l’attaque est dicté par la défense. En revanche cela demande à tous les joueurs de l’équipe une capacité de lire le jeu. Tous les joueurs sur le terrain sont impliqués et partagent les responsabilités. L’avenir dira si cette méthode s’avère payante.

Mais en cette soirée de noël 1990, les Pistons ont encore l’avantage psychologique sur les Bulls. Cela est symbolisé par une citation de Phil Jackson avant la rencontre : « Jouer contre Detroit, c’est un peu comme aller chez le dentiste. On n’a pas envie d’y aller mais il faut le faire ».

En ce début de saison 1990/1991, Les Bulls ont une victoire d’avance sur leur adversaire du soir. Les deux formations sont dans la division centrale et sont respectivement deuxièmes et troisièmes. La première place de la division est occupée par les Bucks de Milwaukee.

Pour cette rencontre, le coach de Chicago arbore un magnifique nœud papillon. Sur un plan technique, il préfère titulariser Stacey King à la place d’Horace Grant. Du côté de Detroit, Chuck Daly doit faire face aux caractères imprévisibles de ses joueurs. Isiah Thomas et Bill Laimbeer ont loupé l’avion en partance pour Chicago. Ils ont dû prendre un bus pour arriver jusqu’à la salle. Inutile de préciser que les deux joueurs concernés écoperont d’une amende.

Le match est très agréable à regarder. Malgré les aspirations défensives d’une telle rivalité, les premiers quarts sont offensifs et plaisants à voir jouer. Alors plongez-vous dans l’une des plus belles confrontations du début des années 90 dans la conférence Est, un duel entre deux équipes visant le titre de champion NBA.

TV Sport diffuse le match avec les commentaires de Jean-François Chabot et Francis Jordane.

Boxscore du match.

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