Finale NCAA, 5 avril 1993, Louisiana Superdome, New Orleans.

Les enfants terribles du basket universitaire débarquent à la Nouvelle-Orléans !

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Ready or not, here we come.

Le Fab Five de Michigan revient disputer son second Final Four consécutif, avec la ferme intention de l’emporter. Un vent de fraîcheur souffle sur la NCAA avec cette équipe symbolisant la prise de pouvoir d’une génération de basketteurs athlétiques, fougueux. Ils allient leur jeu spectaculaire avec un style “hip-hop” (shorts baggy à hauteur du genou, chaussettes et baskets noires, crânes rasés) qui va révolutionner la mode du basket, puisant ses racines dans le streetball. Sans parler du trash-talking dont ils se délectent. Après avoir connu les Bad Boys des Pistons de Detroit, l’Etat du Michigan présente leurs héritiers chez les Wolverines.

En 1991, l’Université de Michigan réussit un gros coup en recrutant cinq joueurs appartenant aux 100 meilleurs lycéens des Etats-Unis, dont quatre faisant partie du Top 10 ! Chris Webber, Jalen Rose, Juwan Howard, Jimmy King et Ray Jackson: les “Faboulous Five”.

Alignés très rapidement ensemble, ces cinq freshmen* déroulent jusqu’au Final Four en 1992, échouant face au Duke de Christian Laettner, Bobby Hurley et Grant Hill. Ils font souffler un vent de fraîcheur sur la NCAA, dépoussiérant cette vieille institution assez aseptisée.

En tant que sophomores**, ils étaient attendus en haut de l’affiche, parmi les favoris du championnat NCAA. Et pourtant leur accession au Final Four 1993 ne fut pas une promenade de santé. Après avoir écarté péniblement UCLA, George Washington et Temple, ils se retrouvent opposés aux Kentucky Wildcats, et leur leader Jamal Mashburn. Ces derniers sont arrivés au Final Four sans encombres, remportant leurs rencontres par des écarts allant de 21 à 43 points. La demi-finale est étouffante, mais Michigan s’impose après prolongations 81 à 78, malgré les 26 points de Mashburn. Les trois stars du Fab Five Webber (27 points), Jalen Rose (18 points) et Juwan Howard (17 points) font le travail et permettent à leur équipe de rallier une seconde finale consécutive. C’est aussi la troisième finale pour Rob Pelinka, déjà sacré en 1989 aux côtés de Glen Rice, qui apporte son expérience aux jeunes loups.

Les cols bleus de North Carolina

Loin d’être les favoris de ce Final Four, les Tar Heels de North Carolina ont su faire changer d’avis les sceptiques. Le légendaire coach Dean Smith participe alors à son 9ème Final Four, avec des joueurs peu exceptionnels, mais qui ensemble forment une vraie équipe soudée et disciplinée.

En demi-finale, UNC écarte Kansas au terme d’un match rugueux, symbolisé par le combat dans la raquette entre Eric Montross de North Carolina et Greg Ostertag, pivot de Kansas. Deux grands intérieurs blancs, au jeu conventionnel peu spectaculaire, mais très efficace. Si Eric Montross est alors le point d’ancrage dans la raquette des Tar Heels, il est secondé par Georges Lynch, qui fera une honnête carrière NBA. L’étincelle de génie provient surtout des extérieurs Derrick Phelps, mais surtout du dynamiteur Donald Williams (près de 40% à 3 points sur la saison). Pour la petite histoire, ces deux derniers se retrouveront une dizaine d’années plus tard ensemble sous le maillot du CSP Limoges.

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Donald Williams, le scoreur des Tar Heels

Kansas fera donc les frais du rouleau compresseur de Caroline du Nord. Battus 78 à 68, ils se sont fait laminer par Eric Montross (25 points) et Donald Williams (23 points). UNC est prêt à offrir un titre supplémentaire à Dean Smith.

L’opposition de style

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Eric Montross face à Chris Webber

64 000 spectateurs se sont massés au sein du Louisiana Superdome pour assister à cette finale entre les Michigan Wolverines et les Tar Heels de North Carolina. D’un côté une équipe disciplinée, rugueuse, structurée, policée. De l’autre, une équipe controversée mais charismatique, qui aura divisé l’Amérique, en raison de son côté “Bad Boy”, mais qui aura aussi révolutionné la NCAA, et plus largement la mode du basketball.

C’est un match à ne pas rater, pour de multiples raisons:
– C’est un match acharné, rugueux, où chaque équipe se rend coup pour coup jusqu’à la dernière minute.
– C’est l’occasion de voir pour la dernière fois le Fab Five en action, Chris Webber, se présentant à la draft l’été suivant.
– Cette rencontre se termine avec une erreur tactique en fin de match qui restera dans les annales.
– Enfin, cela permet de voir évoluer des joueurs qui vont fréquenter plus tard le championnat de France (Donald Williams entre Besançon et Limoges, Derrick Phelps à Limoges, Dante Calabria entre Dijon et Pau-Orthez, James Voskuil qui va jouer dans les divisions inférieures françaises).

*Freshman: 1ère année universitaire
**Sophomore: 2ème année universitaire.

Box-score du match

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