Finale de l’Open McDonald. 19 octobre 1991. Paris (POPB).

Magic Johnson - Open McDonald - Paris 1991Dernier match de Magic avant l’annonce de sa séropositivité. Ville-Lumière

Qualifiés assez facilement pour la finale de cet Open Mc Do, la Joventut Badalone et les Los Angeles Lakers se retrouvent sur le parquet du POPB.

En difficulté dans le premier quart-temps (25-24), Badalone a dominé Split 117 – 86. L’équipe croate était très affaiblie par le départ de cinq joueurs serbes deux semaines seulement avant le début du tournoi en raison de la guerre de Croatie et n’avait plus les armes pour se défendre.

Dans l’autre demi-finale, dans laquelle les joueurs limougeauds hésitaient entre shooter, passer, dribbler ou demander un autographe, Los Angeles a écarté le CSP (132 – 101) qui a terminé le premier quart-temps sur un respectable 34-29, mais n’a finalement pas réussi à contenir les assauts californiens et à inquiéter la franchise de Mike Dunleavy malgré les 26 points d’Ostrowski. En 26 minutes, Magic a réalisé 21 passes décisives et inscrit 7 points.

Pour les Lakers, hyper sollicités par les médias du monde entier, ce séjour à Paris ne ressemblait pas vraiment aux vacances idéales. Jere Longman, journaliste au quotidien le Philadelphia Inquirer et présent dans la Ville-Lumière, racontait :

Les Lakers ont également dû faire face à 650 journalistes de 28 pays. Vlade Divac, le pivot serbe, a tracé le contour de sa main et a dédicacé une simple feuille de papier pour la télévision polonaise.  Magic avait chacun de ses mots traduit en 12 langues.  Sans aucun doute, l’interview la plus étrange a eu lieu entre un journaliste français et James Worthy.

– Alors James, que dire de ces problèmes avec les femmes ? (le journaliste faisait référence à l’arrestation de Worthy sur des accusations de sollicitation des services d’une prostituée la saison dernière à Houston)
– Je parle seulement de basket, a répondu l’ailier des Lakers.
– Non, non, vous ne comprenez pas. Aux Etats-Unis, c’est un scandale. En france, nous applaudissons.

Avant ce match, retour sur la naissance de l’Open McDonald, grâce à Guy Milecan du quotidien belge Le Soir, daté du 14 octobre 1991.

BATTRE UN CLUB DE NBA: UN BELGE FAIT RÊVER L’EUROPE

Vendredi et samedi prochains les Lakers de Los Angeles enflammeront la salle de Paris-Bercy à l’occasion du 5e McDonald’s Open

Battre un club de NBA: un Belge fait rêver l’Europe

Après l’America’s Cup en voile et la Ryder Cup en golf, les Américains ont un autre défi sur les bras: le McDonald. Mais là, ils sont invaincus.

La naissance de ce genre de challenge a toujours une histoire. Celle-ci est belge, insolite et appartient à Léon Wandel, le manager de notre équipe nationale et l’un des organisateurs des compétitions européennes.

Mes fils commençaient des études aux États-Unis, idée que je n’aurais probablement pas eue si le basket n’était devenu un véritable art de vivre pour moi, et lors d’une conférence permanente de la Fiba à Malte, je me suis dit qu’une raison supplémentaire pour voyager au-dessus de l’Atlantique serait de créer un événement susceptible d’intéresser les membres de la NBA, explique notre compatriote. J’en fis part à Borislav Stankovic, le secrétaire général, qui m’encouragea à confectionner un projet solide. Les constacts nécessaires furent aussitôt noués avec les Américains. L’intitulé du dossier: comment mesurer sportivement la valeur du basket européen par rapport au modèle US? Enthousiasme spontané des Américains qui justifient toutefois la proposition à leur manière: ouverture des marchés européens pour les sponsors de la NBA! Et qui associent illico le tournoi au fast-food McDonald, lequel rechignait à se mêler au lot des commanditaires du championnat NBA et avait énoncé sa préférence pour un événement unique. En somme, je leur tendais la bonne perche…

MILWAUKEE, POINT DE DÉPART

Ce fut ainsi que le 23 octobre 1987, à Milwaukee, les Bucks transpercèrent le rideau rouge de l’équipe nationale soviétique pour remporter ce premier tournoi, auquel le Tracer Milan avait également pris part, et confirmer l’hégémonie des United States sur le monde des clubs de basket. Vingt-sept points (127-100), la note était aussi salée qu’à La Villa Loraine un soir de banquet. Léon Wandel, carré dans un fauteuil d’honneur de la Mecca Arena, avait avalé sa langue et s’était fait tout petit, deux attitudes relevant de l’exploit quand on connaît la volubilité et la corpulence du personnage!

Les gens de la NBA avaient décidé d’étrenner cette formule chez eux pour emballer ce «produit marketing» à leur manière, précise notre interlocuteur de choix. Quand le marquoir renseigna 37-12 pour Milwaukee après le premier quart temps du match contre Milan, je m’attendais déjà à être pointé dun index accusateur: c’est lui le promoteur de cette parodie! Mes yeux cherchaient les mots «emergency exit». J’étais affolé par ce massacre des représentants européens et je craignais un cataclysme à l’heure du bilan. Mais les réactions furent on ne peut plus positives et enthousiastes. Stankovic me souffla à l’oreille que j’aurais dû avoir cette idée vingt ans plus tôt tandis que les sponsors de la NBA firent des bonds de joie en prenant connaissance de l’audimat qui fit 2,2 alors que Wimbledon culmine à 2,7. C’était tout bon. Et les agendas s’ouvrirent naturellement pour fixer les dates du deuxième McDonald’s Open…

Cette fois, la traversée vers le Vieux Continent s’imposait. Madrid fut choisi en 1988, puis ce fut au tour de Rome et de Barcelone avant que Paris ne soit élue pour cet automne 1991. Quels sont, en vérité, les critères retenus pour la désignation d’une ville organisatrice?

Vous avez compris que les motivations sont avant tout d’ordre commercial, confie sans fard un Leon Wandel qui ajoute que la NBA, qui contrôle cette organisation en collaboration avec la Fiba, délègue sur place 100 personnes pendant huit jours. Les marchés qui intéressent les annonceurs américains déterminent les lieux de rendez-vous. L’Espagne, l’Italie et la France ont ce privilège. Avec ses dix mille restos dans le monde, la chaîne McDonald a suffisamment de poids pour énoncer ses préférences. Pour les équipes invitées à représenter l’Europe, la Fiba juge en son âme et conscience et je peux vous assurer que les candidats affluent. Cette année, elle a opté pour Split, championne d’Europe en titre, Badalone, championne d’Espagne, et Limoges, dont le passé suffit à faire vibrer les coeurs de France et de Navarre. Au sujet de Split, embraye-t-il naturellement, s’est évidemment posé le problème lié à la situation politique de la Yougoslavie, mais il n’était pas question a priori de jeter cette formation, certes exsangue de la plupart de ses vedettes, aux gémonies. Elle sera là, quitte à renforcer son effectif d’une manière ou d’une autre.

LES KNICKS FROLENT LA HONTE

La domination de ce tournoi de prestige, néanmoins construit en forme de défi lancé par l’Europe de la balle orange aux millionnaires américains, n’est plus une formalité pour les envoyés de l’oncle Sam. L’an dernier, il a même fallu une prolongation pour départager les New York Knicks et les Italiens de Pesaro.

Dans le magazine «Sports illustrated», le chroniqueur adopta un ton catastrophé pour annoncer à ses lecteurs qu’un village d’Italie de dix mille habitants avait failli éliminer les Knicks sur la route de la finale du McDonald’s, se souvient Wandel. Vous comprenez ainsi que les Américains, qui recommencent leur compétition ce 1er novembre, ne prennent pas cette participation par dessous la jambe et si nous avons droit, ce coup-ci, aux Lakers de Los Angeles, soit les vice-champions de la NBA, c’est parce qu’ils entendent conserver leur brevet d’invincibilité.

Vendredi et samedi soir, le centre sportif de Paris-Bercy va bouillir de plaisir en assistant aux performances de Magic Johnsson et de Vlade Divac. La NBC qui est la télé nationale et la TNT qui est la chaîne privée de Ted Turner retransmettront les matches en direct, signes éloquents de l’intérêt suscité par le tournoi au-delà des icebergs. Les règles du jeu ont été adaptées pour la circonstances: 4 quarts temps de 12 minutes; ligne des 3 points à 6,75 m; défenses libres.

Un détail encore: toutes les places (de 1.200 à 2.700 F) sont vendues et les imprévoyants devront se consoler en captant Antenne 2 ou FR3, voire Eurosport…

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