19 Janvier 1986, Pontiac SilverDome, Detroit.

1986. Une fracture du pied contraint la NBA à se passer du jeune prodige des Bulls, Michael Jordan, auteur d’une première saison laissant entrevoir un talent sans limite. Les Los Angeles Lakers, Champions en titre, sont au sommet de leur art et de la NBA. A l’Est, les Boston Celtics terrorisent leur conférence, sans vraiment avoir d’adversaire à leur hauteur. Les Bulls ne sont donc pas encore vraiment les Bulls et les Pistons ne sont pas encore tout à fait les Bad Boys.

En ce 19 Janvier 1986, Detroit accueille les Lakers au Pontiac SilverDome. S’ils restent sur trois victoires de rang, leur début de saison est plutôt laborieux, avec un record négatif à 19-21 avant cette rencontre. Les Pistons qui n’attiraient pas vraiment les regards jusque-là, commencent à faire parler d’eux, en mettant en place une organisation qui deviendra très rapidement les fameux Bad Boys, véritable équipe habillée de fil barbelé, qui rendra fou les plus grandes stars de la NBA (Larry Bird & Michael Jordan represent).

Le début de l’ère des Bad-Boys…

Isiah Thomas & Bill Laimbeer, Detroit PistonsIsiah Thomas et Joe Dumars forment un backcourt offensif de rêve et un véritable cauchemar pour les arrières qui leurs sont opposés en match-up. Leur défense est vive, agressive, vicieuse, étouffante. Ce soir là, ils répondront bien présents avec chacun dans leur style, un game de très haut niveau. Dans la peinture, ils ont leur complément idéal en la personne de Bill Laimbeer, un des joueurs les plus détesté de l’histoire du basket-ball moderne (oui, je sais… mais Rudy Fernandez n’avait que 9 mois à l’époque alors… ça compte pas vraiment…). Une défense déjà au-delà de la limite autorisée, un jeu d’attaque basé sur un petit shoot efficace à 5-6 mètres, comme de derrière la ligne à 3 pts (ce qui participera à sa légende) et des gestes lents, laids et mécaniques sous le cercle. Bref, du Bill Laimbeer Basket-Ball. Et cette saison est du même acabit que la saison 1984-85 où il a tourné à 17,5 pts de moyenne.

Derrière ce trio qui commence à s’entendre à merveille sur le terrain, on retrouve d’autres pièces majeures du Bad-Boys Basket-Ball : Vinnie « MicroWave » Johnson et Rick Mahorn. Le premier fait 1,88m et est galbé comme LeBron James. Il est redoutable offensivement – quasi 14 pts de moyenne en 85-86 –, surtout à longue distance et selon la légende, cuit ses adversaires comme dans un four micro-onde. Il est le 6ème homme de luxe de cette équipe. Le second est considéré par beaucoup comme le « Baddest Bad Boy of Them All » comme l’annonçait le speaker des Pistons : le plus méchant de tous les Bad-Boys. C’est à son arrivée à Detroit, au début de cette saison 1985 qu’est couramment donnée la date de début de vie de cette équipe aussi mythique que rugueuse. Bref, le garant du Bad-Boys spirit.

Les autres hommes du roster sont d’honnêtes joueurs, sans pour autant friser avec le génie. Le futur Limougeaud Kelly Tripucka (CSP 91-92’) joue pendant cet exercice son meilleur basket (20 pts/match) mais aussi sa dernière saison sous le maillot des Pistons. Tout comme Kent Benson, dans la franchise depuis 1980 et qui partira terminer sa carrière à Utah, puis Cleveland (le rêve, quoi !!). Earl Cureton, Tony Campbell (qui jouera à merveille entre 89 et 92, sous le maillot des Wolves) et le très sous-côté John Long (scoreur prolifique pendant 10 ans, de 79 à 88) complètent l’effectif.

Toute cette petite bande de cols bleus accueille donc les Violines et Or, leurs paillettes et leurs stars, champions NBA en titre, les Los-Angeles Lakers.

Le Showtime des champions en titre…

Lakers - Magic JohnsonMagic Johnson est une des deux icônes de la Ligue – avec son (pas encore tout à fait) ami Larry Bird – : il domine par son jeu, son sens du spectacle et malgré ce que Donald Sterling en pense aujourd’hui, avec son inimitable sourire contagieux. S’il sera maladroit dans ce match, la défense de son pote Isiah Thomas étant au niveau, quel plaisir de le voir exceller dans ce qu’il sait faire le mieux : 18 assists au compteur !!! Magnifique !! Kareem Abdul-Jabbar, avec son sky-hook de destruction massive, et James Worthy lui aussi bien calé derrière ses googles, se régalent : 60 pts à eux deux !!!

L’actuel nouveau coach des Lakers, Byron Scott et Maurice Lucas, pas le plus connu de la dynastie Lakers (malgré ses 14,5 pts 9 rbds de moyenne en carrière) démarrent aux côtés du Big Three des Lakers. Celui-là même qui perdra son rang de Big Three n°1, près de 20 ans plus tard avec l’apogée du trio Texans, Duncan-Parker-Ginobili.

Les légendaires Michael Cooper & A.C. Green, discrets sur ce game, et Mike McGee (une légende de Michigan University) démarrent sur le banc.

Une dernière curiosité pour présenter ce Pistons-Lakers de 1986, véritable naissance d’une des rivalités qui font le piment de la NBA : vous pourrez observer l’actuel G.M. des Lakers Mitch Kupchak, marquer quelques points dans ce qui sera sa dernière saison en tant que joueur.

Place maintenant à ce match complètement fou, qui se joue dans les ultimes secondes du 4ème quart-temps, commenté par Georges Eddy & Charles Bietry, les visionnaires (qui a dit “messies” ?) du Groupe Canal, qui présentera désormais à ses abonnés, le meilleur match de la semaine !! Un match fantastique pour une vraie révolution télévisuelle et même culturelle !!!

Box score du match

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  • dahou dav

    merci tu nous gatte 😉