Finale de conférence Ouest, match 5. 1er juin 1993. America West Arena, Phoenix

Les Suns, une belle équipe de la NBA, talentueuse, excitante à voir jouer, qui apporte du fun à la Grande Ligue… Mais aussi une équipe soft à l’heure où on joue dans la cour des grands, les playoffs. Alors pour apporter de la dureté et de l’agressivité à cette équipe plutôt “cool”, les dirigeants de Phoenix ont décidé de frapper un grand coup à l’intersaison 1992. Jerry Colangelo, le Président de la franchise, échange trois joueur du cinq de départ, dont le all-star Jeff Hornacek, contre le seul Charles Barkley. Accompagné de l’expérimenté Danny Ainge, il révolutionne le visage de l’équipe, amenant la hargne nécessaire permettant à Phoenix de franchir un cap.

1993 NBA Finals Game 4:  Phoenix Suns vs. Chicago Bulls

Charles Barkley, MVP de la saison 1992-1993

Charles Barkley, c’est 25,6 points et 12,2 rebonds par match… Mais pas que! Danny Ainge déclarera, à propos de l’apport du “Baby TGV”: “Ce n’est pas seulement sa force physique, son agressivité qu’il apporte. C’est quelque chose de plus, une attitude. Quelque chose de contagieux, qui gagne tous les autres. Et puis je l’aime bien. Il me fait rire”. Parce que Sir Charles, c’est aussi une grande gueule, capable de chambrer et humilier ses adversaires, mais aussi ses propres coéquipiers!

Phoenix est donc devenue une équipe redoutable, terminant à la première place de la saison régulière, avec 62 victoires pour 20 défaites, et faisant figure de favori pour le titre, malgré la présence à l’Est des Bulls de Michael Jordan, en quête d’un triplé. Outre la rage de Barkley, l’expérience des gros matchs de Danny Ainge, les Suns présentent un effectif riche et complet. Le chef d’orchestre de l’équipe, c’est Kevin Johnson, un meneur avec de la dynamite dans les jambes, et un vrai leader charismatique (il deviendra Maire de Sacramento à la fin de sa carrière). Les autres postes extérieurs sont pourvus par Dan Majerle, un shooteur redoutable, et Richard Dumas. Ce dernier aura une carrière chaotique, étant en proie à des problèmes de drogue, qui lui auront valu une exclusion de la Ligue lors de sa saison rookie, en 1991-1992. En rotation, le précieux MVP du All-star game 1987, Tom Chambers et Cedric Ceballos. A l’intérieur, hormis Sir Charles, c’est un peu plus light. Du moins en terme de talent, parce qu’au niveau poids, ça pèse sur la balance! On retrouve ainsi le solide Mark West, et son remplaçant, Oliver Miller. Celui-ci est tellement lourd que Barkley dira qu’il lui est impossible d’atteindre le cercle, “à moins qu’on y pose un Big Mac”.

Mais malgré cela, l’entrée en matière lors des playoffs ne fut pas de tout repos : ils furent à cette époque la première équipe NBA à avoir remporté en cinq matchs le premier tour de playoffs, en ayant perdu les deux premiers à domicile face aux Lakers! Le deuxième tour aura été moins délicat, les Suns repoussant les Spurs de David Robinson et Sean Elliot 4 victoires à 2.

En finale de conférence, se dressent face à eux les Seattle Supersonics. Ceux-ci ont connu des manches serrées, éliminant au bout des cinq matchs le Jazz du duo Stockton-Malone, puis les Rockets en sept manches.

Les Supersonics ont pris une dimension plus importante en cette saison avec l’apport de Sam Perkins, champion NCAA avec North Carolina et médaillé olympique en 1984, en provenance des Lakers. D’autres joueurs expérimentés apportent leur sang-froid tels que Ricky Pierce ou Eddie Johnson. Mais c’est surtout l’équipe d’un duo talentueux, représentant la nouvelle génération : Gary Payton et Shawn Kemp.

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Shawn Kemp, de la dynamite dans les jambes

Gary Payton, redoutable défenseur, et trash-talker émérite délivre caviar sur caviar en haute altitude au bondissant Shawn Kemp. Celui-ci possède des qualités athlétiques hors normes lui permettant de dominer physiquement une rencontre. Cette saison est celle de la confirmation de son éclosion, avec une première sélection au All-star game.

Lors de ces playoffs 1993, Seattle pousse Phoenix à livrer son meilleur basket. A chaque fois que les Suns gagnent un match, les Supersonics les rattrapent la rencontre suivante. A 2-2, aucune des deux équipes ne lâche prise, et il est difficile de savoir qui va remporter la série. L’intérêt de cette série réside également dans “le match dans le match”: le duel entre deux styles d’ailiers forts: l’expérimenté, rugueux et surtout MVP de la saison Charles Barkley, et le jeune flashy et dynamique Shawn Kemp.

Bruno Poulain et Georges Eddy commentent cette rencontre disputée dans la récente America West Arena de Phoenix.

Box score du match

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  • dahou dav

    super match!!!un grand merci 😉

  • dahou dav

    attention liens de telechargement de spurs vs knicks