Aujourd’hui, Michael Jordan fête son 50e anniversaire.

Nous y voilà, ou plutôt, nous y revoilà. Oui, il y a un an jour pour jour, j’écrivais un article afin de “célébrer” l’anniversaire de Sa Majesté. Disons que j’avais davantage profité de l’occasion pour régler mes comptes avec Le joueur, plutôt que de suivre la meute et de caresser le joueur dans le sens du poil. Et malgré quelques réactions agressives, j’avais en fait été plutôt surpris par le nombre de lecteurs qui avaient une dent contre Lui, tout en reconnaissant à demi-mot qu’il était un joueur exceptionnel.

Jordan - It's my birthdayBref, écrire un nouveau chapitre d’ “Un anniversaire pas comme les autres…” me semblait pertinent. Mais pour son passage au demi-siècle d’existence, je lève le drapeau blanc, je sors les blanches colombes et je dépose les armes. Je m’incline devant son talent, son sens de la compétition, son jeu spectaculaire et plus largement devant son immense carrière.

Mais, car il y a un “mais”, Jordan aurait-il été Jordan sans le Zen Master, Phil Jackson? Jordan aurait-il connu autant de moments de gloire sans les talents de ce coach hors du commun. Le sens du jeu, les qualités athlétiques, l’esprit de compétition de Sa Majesté sont des qualités intrinsèques qu’on ne peut, par définition, pas lui enlever. Mais combien de joueurs hyper talentueux sont passés dans la ligue sans jamais avoir remporté le moindre titre? Karl Malone, Shawn Kemp, Pat Ewing, Larry Nance, Anfernee Hardaway, Brad Daugherty, Grant Hill, Buck Williams, Tim Hardaway, Bernard King, Chris Mullin, Lenny Wilkens, Chris Webber, Nate Thurmond, Dominique Wilkins, Dave Bing, Bob Lanier, Reggie Miller, Pete Maravich, Dan Issel, George Gervin, Allen Iverson, Artis Gilmore, Elgin Baylor, John Stockton, ou encore Charles Barkley. D’où l’importance d’une tête pensante.

Les Bulls avant Jordan, c’est 0 titre. Les Bulls avec Jordan, et avant l’arrivée de Phil Jackson, c’est 6 saisons, pas un titre. Les Bulls avec Phil Jackson, c’est 6 titres en 9 saisons. Alors vous me direz “oui, mais Phil Jackson n’a pas été champion avec les Bulls sans Jordan!” Et vous aurez raison. Mais soyons sérieux deux minutes. En tant que coach, vous perdez un des plus grands joueurs de l’histoire du basket moderne,  évidemment que ça devient beaucoup plus compliqué. Surtout qu’entre les deux triplés, aucun joueur majeur n’est venu prendre la place de Jordan et un manque cruel de pivot s’est fait ressentir à l’intérieur. D’ailleurs, lors de ces deux saisons-là, ce sont deux pivots qui se verront décerner le titre de MVP (Olajuwon puis Robinson) et surtout, les équipes qui accèdent aux finales de conférence sont quasiment toutes des formations avec un pivot dominateur (Orlando avec Shaq, Houston avec Olajuwon, Indiana avec Smits, San Antonio avec Robinson et New York avec Ewing). Bref, sans joueur sérieux à la place de MJ, Phil Jackson a fait de son mieux. On notera quand même qu’il parvient, les deux saisons sans Jordan (même si en 94/95 il fait un retour tardif), à mener les Bulls en demi-finale de conférence, en perdant face aux futurs finalistes : 4 – 3 contre les Knicks en 1994 et 4 – 2 contre le Magic en 1995 (une partie de la série est d’ailleurs sur le site: game 3, game 5 et game 6). Je rappelle que ces deux adversaires ont été finalistes et ont perdu face aux Rockets de Houston.

Pour aller encore plus loin, un petit graphique montrant l’évolution du pourcentage de victoire des Bulls de 84/85 à 97/98. On y voit clairement l’impact de Phil Jackson à son arrivée en 89/90. Chicago passe de 47 v. / 35 d. (57,3%) à 55 v. / 27 d. (67,1%). On peut également observer qu’en 93/94, saison sans Jordan, les Bulls tournent encore à 67.1% de victoire.

Graph Bulls2

Aussi, n’oublions pas que Phil Jackson gagnera encore 5 titres (2000, 2001, 2002, 2009, 2010) et sera deux fois finaliste (2008 et 2004) avec les Lakers.

Pour conclure, une seule question : et si le meilleur élément des Bulls dans les années 90 était Phil Jackson?

Allez, joyeux anniversaire Mike ! Sans rancune !

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  • Kery40

    Pas du tout convaincu par cet article !!
    Il a fallut à MJ attendre 6 ans avant de gagner un titre, certes, et il en a gagné 6 avec Phil Jackson, certes..Mais cela veut-il dire que MJ n’en aurait pas gagné ans lui ? Je ne crois pas..
    Cela peut vouloir dire tout simplement que MJ a progressé..et ses coéquipiers avec..
    Loin de moi l’idée de dire que Phil Jackson n’a pas contribué à tout cela..
    Mais contrairement à ce qui est dit MJ aurait surrement finit par gagner avec Phil Jackson ou pas..Il a progressé dans tous les domaines et finit par dominer (en particulier les Pistons) si bien qu’il ne pouvait que gagner des titres..
    De plus, ce n’est pas Phil Jackson qui fait élever autant le niveau de jeu de Pippen mais.. MJ..
    Enfin, comment peut-on écrire un article sur l’indispensable coaching de Jackson pour que MJ gagne des titres sans parler de Tex Winter..
    Car si les Bulls des années 90 ont fini par gagner des titres avec MJ sans pivot dominant ce sui est rarissime dans la conquête de titres, il me semble que cela relève plus du jeu en triangle et du coaching de Tex Winter que de Phil Jackson..
    Phil Jackson, était surrement un très grand meneur d’hommes capables des gérer des égos sur-dimensionnés mais il n’a surrement pas été l’indispensable coach décrit dans cet article..

    Allez !! Sans rancune !!

    • Anonyme

      Salut,

      Pour commencer, merci pour ta visite sur le site.
      Alors quelques points de désaccord, et j’aime débattre…
      “Mais cela veut-il dire que MJ n’en aurait pas gagné ans lui ?” Ben je ne vois pas en quoi ça paraît si incroyable de dire ça. Sans dire qu’il n’en aurait pas gagné, peut-être en aurait-il gagné moins.
      Pour la progression, c’est sûr. Cohésion de groupe aussi. Même si les équipes des deux triplés ne sont pas tout à fait les mêmes. Pippen & Jordan sont là.
      “Il a progressé dans tous les domaines et finit par dominer (en particulier les Pistons) si bien qu’il ne pouvait que gagner des titres..” Là, par contre, ce n’est pas vrai. Il n’a pas progressé! Dès la saison de son premier titre, en terme de points par match, sa moyenne a été sa plus basse depuis les 4 saisons précédentes: 31.5 contre 33.6 en 90, 32.5 en 89, 35 pts en 88 et 37.1 en 87. Au niveau du rebond, il tourne à 6 par match, alors que l’année précédente il était à 6.9 et encore avant à 8! Les passes il est à 5.5 alors qu’il tournait à 6.3 et 8 les saisons précédentes. Son pourcentage est plutôt en régression sur l’ensemble des 6 titres. Bref, je m’arrête là pour les stats.
      “De plus, ce n’est pas Phil Jackson qui fait élever autant le niveau de jeu de Pippen mais.. MJ..” Ça, c’est toi qui le dis. Sur quels éléments te bases-tu?
      “comment peut-on écrire un article sur l’indispensable coaching de Jackson pour que MJ gagne des titres sans parler de Tex Winter..” Et là, c’est une erreur. D’abord, l’attaque en triangle, c’est Sam Barry. Ensuite, Tex Winter est arrivé aux Bulls en 1985, donc bien avant Phil Jackson (arrivé en 1989). Et pas de titre. Tout simplement parce que c’est Phil Jackson qui y verra un système de génie et en fera LE système de référence des Bulls (système aléatoire).
      “Phil Jackson, était surrement un très grand meneur d’hommes capables des gérer des égos sur-dimensionnés mais il n’a surrement pas été l’indispensable coach décrit dans cet article..” 11 titres en 20 saisons… Rien que ça. Comment peut-on affirmer qu’il n’est pas l’indispensable coach décrit dans cet article à la faveur d’un assistant coach, aussi bon soit-il?

      Mais quand même, si tu veux, disons que ces 6 titres des Bulls sont gagnés grâce à la présence de Tex Winter! Ça me va toujours. 😉

      En tout cas, merci pour ton commentaire très intéressant (ne serait-ce que parce qu’il rappelle Tex Winter!). Et encore une fois, on voit bien que le basket, ou plus largement le sport, est un terrain de débat et de discussion sans fin.

      A bientôt Kery40.